Correspondance
Maison de
l’Enseignement
13
impasse
Saffray
72000 LE
MANS
.
fnaseph@wanadoo.fr
Réponse de la FNASEPH au
texte de la
pétition
de l’UFAL du 22 mars 2006
L’UFAL publie sur son site internet le texte de
sa pétition
titrée :
« NON
au nouveau dispositif d'intégration scolaire
« ordinaire » des enfants
handicapés
! »
Ce texte nous surprend beaucoup et appelle de
notre part la réponse suivante que nous vous prions de bien
vouloir
publier sur votre site.
Le contexte :
Tous les rapports indiquent que la
France fait partie des
quelques derniers pays Européens et occidentaux qui
scolarisent le moins
les enfants en situation de handicap à
l’école ordinaire,
que l’on regarde vers l’Europe du Nord ou vers
celle du
Sud !
Pourtant, la France dépense autant que ces pays pour le
suivi médico-social de ces enfants, ni plus, ni moins.
Il est donc
possible de faire mieux en contribuant à
l’inclusion et à la
participation de tous.
Les familles n’acceptent plus que leurs
enfants soient tenus à l’écart de la
société.
C’est pourquoi les associations ont largement
soutenu cette évolution voulue par la loi n°
2005-102 du 11
février 2005.
Elle doit contribuer à un véritable
changement culturel dans notre pays avec une modification de nos
représentations et de nos attitudes sociales par rapport au
handicap et
à la déficience.
LA fnaseph -
Grandir en SOCIÉTÉ
est
une fédération qui regroupe de grandes
associations nationales et
des collectifs associatifs départementaux et indirectement
plusieurs
centaines d'associations concernées par toutes les formes de
handicap.
La FNASEPH s'inscrit dans la volonté du CNCPH
de voir poser le principe d'inscription dans les
établissements scolaires
(de la maternelle à l'université) de tout enfant
sans exception,
quel que soit le handicap :
« Tout
enfant a le droit à l'école non pas au nom de sa
différence
mais bien sur le fait qu'il est un enfant et qu'il a des droits
reconnus.
»
L'élève en situation de handicap peut
alors bénéficier dans le cadre de son projet
«personnalisé » de scolarisation de
toutes les aides
nécessaires (aides techniques, matérielles,
technologiques,
humaines) dont il a besoin : il s'agit de rechercher les compensations
du
handicap et non son effacement.
La formation se fait bien sûr, si
nécessaire, en complémentarité avec
les services de soins
médico-sociaux et /ou sanitaires : il s'agit de placer
l'élève dans une dynamique de parcours et non de
filière.
Dans le champ de l'aide humaine à
l'école qu'elle a initiée et
développée, la FNASEPH
souhaite être entendue sur un certain nombre de points
essentiels pour une
démarche de qualité :
1. La
reconnaissance d'un métier d'accompagnement «
Auxiliaire de Vie
Scolaire » par la mise en place d'une formation qualifiante
et
diplômante ;
2. La
reconnaissance d'un Service d'Accompagnement à la Vie
Scolaire
garantissant une cohérence départementale et
nationale et un
encadrement professionnel ;
3. La
reconnaissance et la mise en place de procédures
d'attributions,
d'analyse des besoins, de suivi, d'évaluations ...
validées
à l'échelon national et applicables à
l'échelon
départemental,
4. La
reconnaissance de la place et du rôle des familles dans
l'élaboration du projet de leur enfant.
Conformément à ses statuts et à
sa charte, au nom de son expérience et des
compétences acquises
depuis deux décennies, la FNASEPH s'inscrit dans une
dynamique
partenariale et transversale avec les services publics
d'éducation, de
santé et les associations concernées.
En ce sens, la
FNASEPH et ses associations fédérées
ont la volonté
d'agir :
dans
la mise en place de la qualité des prestations
d'accompagnement à
la vie scolaire,
dans
le travail nécessaire de préparation et
d'adaptation de
l'école, et de construction de
complémentarité avec les
services et établissements médico-sociaux et
sanitaires,
dans
le suivi des réalités de scolarisation par un
observatoire
permanent national, décliné dans les
départements.
sur le texte de
l’ufal
Vous affirmez :
« ... ensemble,
médecins scolaires, pédiatres,
pédopsychiatres,
médecins de toutes spécialités, pour
répondre au
mieux aux besoins de santé des enfants malades ou
handicapés. Pour
nous, médecins, la première réponse
est celle du soin, bien
évidemment ... »
Certes, la FNASEPH est convaincue
que nos enfants en situation de handicap ont besoin de soins et du
corps
médical, mais elle est persuadée que
l’éducation est
aussi importante que le soin. Il s’agit maintenant de
travailler dans une
approche
pluridisciplinaire et
partenariale : professionnels de
l’éducation et
professionnels médico-sociaux et/ou sanitaires avec la
famille sur le
projet de vie de l’enfant.
Vous interrogez :
« Pouvons-nous dire qu'avec cette loi les 15
à 20 000 enfants
handicapés qui sont au domicile sans soins faute de place en
établissements spécialisés, vont
pouvoir être
soignés à l'école " ordinaire "
? »
Effectivement, les enfants actuellement à
domicile sans soins sont les plus lourdement atteints et
c’est bien eux
qui devraient être prioritairement en
établissement
médico-social ou sanitaire.
Comme vous le savez, cette situation
est la conséquence de deux faits principaux :
D’une
part, la plupart des enfants aujourd’hui accueillis en
établissement médico-social ou sanitaire
pourraient être
scolarisés en milieu ordinaire au moins à temps
partiel, ainsi que
plusieurs études ou rapports l’ont
souligné
(conséquence du choix des enfants accueillis par les
établissements).
D’autre
part, de nombreux adultes sont maintenus en établissements
pour enfants
par manque de places en établissements pour adultes
(conséquence
de l’amendement Creton).
Des erreurs figurent dans votre texte, ainsi :
« Aujourd'hui, seuls les parents peuvent saisir
l'ex-CDES,
nouvellement intégrée dans les Maisons
Départementales pour
les Personnes Handicapées (MDPH). »
Pourtant, dans
son article 5, le décret n° 2005-1752 du 30
décembre 2005,
relatif au parcours de formation des élèves
présentant un
handicap, stipule : « Si
l'équipe éducative d'une
école ou d'un établissement scolaire souhaite
qu'un projet
personnalisé de scolarisation soit
élaboré pour un
élève, le directeur de l'école ou le
chef
d'établissement en informe l'élève
majeur, ou ses parents
ou son représentant légal, pour qu'ils en fassent
la demande. Il
leur propose de s'informer des aides qui peuvent être
apportées
dans le cadre de ce projet auprès de l'enseignant
référent
affecté sur le secteur dont dépend
l'école ou
l'établissement scolaire, dans les conditions
prévues à
l'article 11 du présent décret. Si
l'élève majeur,
ou ses parents ou son représentant légal, ne
donnent pas suite
dans un délai de 4 mois, l'inspecteur
d'académie, directeur des services départementaux
de
l'éducation nationale, informe de la situation de
l'élève
la maison départementale des personnes handicapées
... »
En conclusion
La FNASEPH est persuadée
que les professionnels
médicaux Français contribueront au changement
culturel
nécessaire en veillant à apporter leurs
compétences et leur
expérience à ce travail de construction
pluridisciplinaire du
projet de vie de l’enfant.
Ce que les autres pays ont fait depuis
longtemps, notre pays peut le faire.
Il s’agit maintenant de
bâtir sur le possible, les potentialités, le
positif !
Le
rapport Gosso/Mollo
IGEN/IGAS
a souligné, dès 1999, les
bénéfices du
développement de la scolarisation en milieu
ordinaire :
Pour
l’enfant handicapé, elle améliore
considérablement
ses chances de développer ses apprentissages et de
réussir son
intégration sociale et professionnelle à
l’âge
adulte.
Pour
les enfants valides, elle leur apprend la solidarité et la
citoyenneté au quotidien, en situation réelle.
Ils comprennent
qu’il est possible de vivre et de travailler avec
d’autres enfants
en situation de handicap. Cette expérience leur servira
ensuite à
l’âge adulte pour banaliser et
dédramatiser la vie avec des
adultes en situation de handicap dans le monde du travail, dans la vie
sociale,
etc.
La FNASEPH est convaincue de la
nécessité de la mise en place d’une
véritable
démarche de qualité pour
l’accompagnement de la
scolarisation des enfants en situation de handicap par le
développement :
D’une
part de services d’aide humaine et pédagogique
à
l’école pour ceux qui en ont besoin ;
D’autre
part de services de soins médico-sociaux et sanitaires de
soutien
à la scolarisation des enfants en situation de handicap.
EN AVANT
L’ÉCOLE !