M. le président. La parole est à M. Lionnel Luca, pour une seconde question.
M. Lionnel Luca. Cette question concerne l’accueil des handicapés en milieu scolaire.
À cet égard je tiens à saluer l’effort
réalisé, depuis quelques années, très
exactement depuis la loi de 2005. L’accueil des enfants et
l’intégration en milieu scolaire des enfants
handicapés constituent une véritable révolution,
révolution tranquille, silencieuse, mais réelle. Je vous
remercie d’ailleurs pour les efforts constants faits en ce
domaine par votre ministère.
Vous avez rappelé tout à l’heure
l’augmentation de leur nombre. Une réflexion est-elle
engagée au niveau du ministère sur l’avenir de ces
auxiliaires de vie scolaire ? Nous sommes en train de dégager
une véritable filière. Les enfants handicapés sont
nombreux, le handicap est multiple et non, comme on le pensait
autrefois, très typé. L’accompagnement scolaire est
donc appelé tout naturellement à durer. Nous disposons de
postes, mais nous n’avons pas toujours la possibilité de
pratiquer des recrutements, faute d’une adaptation au profil du
poste, de la formation nécessaire.
Beaucoup de jeunes ou de moins jeunes hésitent à prendre
ces postes d’auxiliaires de vie scolaire, parce qu’ils ne
sont pas pérennisés. Ils ne débouchent pas
forcément sur une continuité, au-delà de la
période prévue. Lorsque le contrat se termine, la rupture
est toujours douloureuse pour les enfants handicapés qui se sont
habitués au cours de leur scolarité à un
accompagnant avec lequel ils ont lié un vrai partenariat, un
lien affectif. Il est difficile pour eux d’accepter le
remplaçant. Comptez-vous, au sein du ministère, engager
une véritable réflexion sur la pérennité de
ces postes ? Je ne parle pas d’un statut, mais d’un
métier.
J’avais promis à M. Bernard Perrut de l’associer
à ma question, car il ne peut être présent. Il est,
en effet, bloqué dans sa circonscription.
M. le président. La parole est à M. le ministre.
M. Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale. La
ville de M. Perrut a effectivement été touchée par
les intempéries.
Monsieur Luca, nous avons souvent parlé ensemble de ces
questions. Vous êtes un ardent défenseur de
l’intégration des handicapés. C’est tout
à votre honneur.
Je rappelle quelques chiffres.
En 2008, nous avons prévu 2 700 auxiliaires de vie scolaire,
soit 2 000 supplémentaires. Nous avons créé, je le
répète, une grande continuité des dispositions
d’intégration grâce à la création de
400 UPI supplémentaires. Ces AVS-i sont en contrat de trois ans
renouvelables une fois, et nous les formons.
Cette action est importante. Ainsi, 35 % d’entre eux sont cette
année en formation. C’est très efficace. Il
n’y a pratiquement plus de délai d’attente pour les
formations. Le nombre des AVS qui n’ont pas obtenu la formation
qu’ils attendaient est inférieur à 5 %.
Votre question concerne la pérennisation du dispositif que nous
avons évoqué avec Xavier Bertand et Valérie
Létard. Il faut – indépendamment des missions que
reçoivent les AVS pendant la durée de six ans maximale
qu’ils peuvent nous consacrer – que nous trouvions des
filières, des métiers d’accompagnement, afin que
cette formation ne soit pas inutile et que l’ engagement
vis-à-vis des personnes dépendantes puisse continuer
à profiter à ceux qui se sont engagés. Il faut
donc que nous ayons un métier de l’accompagnement de la
dépendance. Valérie Létard a beaucoup
avancé sur le sujet.
Je ne vois que des avantages au fait que les AVS que nous avons
formés puissent bénéficier de contrats
prolongés. Cela suppose la création d’un
véritable statut, d’un véritable emploi. La
question ne peut pas être réglée au sein de mon
ministère. Vous avez eu raison de l’évoquer ; elle
est à l’étude.