chiffres interim

Alors que le chômage progresse en France, le secteur de l’intérim est fortement touché par la crise de l’emploi. Depuis le début de l’année 2014, celui-ci connaît une forte chute de ses effectifs, et le mois d’août apporte de nouveaux nuages sur le marché intérimaire. Retour sur cette baisse de l’intérim : quels en sont les enjeux et les répercussions ?

Des chiffres préoccupants et des disparités évidentes

Les derniers chiffres publiés par Pôle Emploi ne sont pas positifs pour l’intérim, avec une baisse de 0,6% pour août par rapport au mois de juillet. C’est aussi une baisse de 0,3% depuis août 2013. Autrement dit, les chiffres du mois d’août 2014 sont pointés du doigt comme les chiffres qui atteignent le niveau le plus bas depuis mai 2010, tandis que les mois de juin et juillet laissaient présager une certaine remontée du secteur intérimaire dans le marché de l’emploi.

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Ces chiffres témoignent surtout de disparités, tout d’abord concernant les employés intérimaires. En effet, la population de l’intérim est relativement jeune, avec 48,1% de travailleurs ayant moins de trente ans en août 2014. Ces travailleurs sont majoritairement des emplois ouvriers, qui affichent un contraste entre ouvriers qualifiés et ouvriers non qualifiés. Si la part des ouvriers non qualifiés, qui représentent 37,5% du marché de l’intérim, n’observe relativement pas de changement, celle des ouvriers qualifiés, qui eux représentent 39,9% de ce marché, chute de 2,7 points au mois d’août.

Des disparités sont également notables dans les secteurs de l’emploi qui recrutent le plus de travailleurs intérimaires, c’est-à-dire l’industrie, la construction et le tertiaire. L’industrie, qui accueille jusqu’à 45% des effectifs, baisse de 0,7%, et la construction est profondément marquée également, avec une descente de 6,7%. Le tertiaire, en revanche, connaît une hausse de 2 ,6%, ce qui démontre parfaitement les contrastes entre les secteurs intérimaires.

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Mais une chute qui peut laisser place à une embellie

Il est important, en premier lieu, de rappeler que le mois d’août représente un mois atypique pour le marché de l’intérim, et que ces chiffres ne sont donc pas forcément révélateurs de la conjoncture future. Cette baisse de l’intérim s’explique par la moindre croissance dans les secteurs porteurs (le transport, le commerce, ou encore les services), mais aussi par la durée des contrats de plus en plus courte. La durée moyenne d’une mission intérimaire est estimée à 1,8 semaine. En effet, les employés intérimaires sont souvent engagés pour une tâche précise, suite à un besoin de remplacement ou à l’accroissement temporaire de l’activité d’une entreprise.

Mais ces chiffres ne sont pas si alarmants que cela, car l’intérim, sur un an, a progressé de 5,9%, soit l’arrivée de 35 100 nouvelles personnes sur le marché. Certaines régions montrent en effet de belles couleurs pour la rentrée, comme la région Midi-Pyrénées, qui offre à l’intérim une augmentation de 2,5%, ou les Pays de la Loire et le Nord-Pas-de-Calais, chacune affichant une hausse de 1,9%.

De plus, face à cette crise de l’intérimaire, beaucoup de secteurs tendent vers un nouveau dynamisme, avec un renouvellement des effectifs pour d’importantes mises en œuvre, comme le chantier de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) Bretagne-Pays de la Loire qui a permis d’embaucher 850 personnes, et donc de redorer le blason du secteur de la construction.

Les contrats en intérim ont donc, tout de même, des beaux jours devant eux, avec un espoir d’embellie pour la fin de l’année 2014. Une bonne nouvelles pour les chercheurs d’emplois en intérim.