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Portrait d'une agente immobilière

Quel est le salaire d’un agent immobilier ?

salaires

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L’agent immobilier est un professionnel dont le rôle consiste à vendre ou louer des maisons, des appartements, des locaux commerciaux pour le compte de ses clients. Titulaire d’une carte professionnelle, il sert d’intermédiaire entre un propriétaire et un acheteur. Il accompagne son client de l’évaluation de son bien à la signature du contrat de vente sans oublier la diffusion des annonces. Mais combien gagne ce professionnel de l’immobilier ?

Combien gagne un agent immobilier ?

L’agent immobilier est un professionnel indépendant. Il ne gagne ainsi donc pas nécessairement de salaire contrairement au négociateur immobilier avec lequel il est souvent confondu. C’est bien ce dernier qui est salarié d’une agence. En lieu et place de salaire, il est plus convenable de parler de rémunération pour l’agent immobilier.

Ce professionnel bénéficie d’une rémunération encadrée par la loi Houguet. Elle correspond aux commissions sur la vente ou la location des biens dont il assure la gérance. En cas de vente, cette commission est facturée uniquement au propriétaire. Par contre, dans le cadre d’une location, elle est répartie entre le propriétaire et le locataire.

En général, l’agent immobilier touche entre 3 et 8 % du prix des biens immobiliers dont il a su conclure la vente. En ce qui concerne les locations, la loi Alur a mis en place des plafonds qui varient suivant la surface du bien et la zone géographique. Les commissions dans ce cas varient entre 11 et 15 euros le m2.

Le montant des transactions réalisées par l’agent immobilier est très variable et il en est de même pour ses revenus : plus il conclut de ventes, plus ses revenus seront élevés. Mais s’il possède en plus une agence, sa rémunération sera affectée par différentes charges comme la location, le salaire de ses employés, les factures. À cela s’ajoutent les cotisations sociales qui doivent également être déduites de son chiffre d’affaires. On estime toutefois qu’en début de carrière, la rémunération moyenne mensuelle de l’agent immobilier varie entre 1500 et 3000 euros brut par mois. Avec l’expérience, certains peuvent atteindre, voire excéder 5000 euros brut par mois.

agent immobilier

Bon à savoir : l’agent immobilier est certes un indépendant, mais certains professionnels de ce corps de métier touchent un salaire fixe en plus de leurs commissions sur vente. Ceux — à représentent toutefois une minorité.  

Quelle évolution de carrière pour l’agent immobilier ?

De nombreuses possibilités d’évolutions professionnelles sont disponibles pour les agents immobiliers. Bien évidemment, elles s’accompagnent toutes d’une augmentation de la rémunération. L’agent immobilier peut par exemple devenir responsable de sa propre agence ou directeur d’une agence franchisée. Certains réseaux immobiliers proposent également un poste de chef d’agence salarié.

En général, le salaire ou la rémunération du directeur d’agence est proportionnel à la taille de son investissement. Cela est d’autant plus vrai lorsqu’il est propriétaire d’agence. En moyenne, la rémunération brute annuelle d’un directeur est de 117 956 euros.     

Par ailleurs, l’agent immobilier peut choisir de se spécialiser dans des types particuliers de biens (terrain, local industriel ou commercial, biens de luxe…).

Enfin, ce professionnel peut devenir consultant ou conseiller en immobilier d’entreprise grâce à l’inestimable expérience et l’expertise qu’il aura gagné au fil des années.

Une commission suspendue au crédit immobilier de l’acheteur

Quel que soit son statut, l’agent immobilier ne perçoit sa commission qu’au moment où l’acte authentique est signé chez le notaire. Entre l’offre acceptée et ce rendez-vous final, plusieurs mois peuvent s’écouler, et la vente reste suspendue à une décision qui lui échappe entièrement, celle de la banque de l’acheteur. Karine, agente immobilière installée à Montpellier, en a fait l’expérience récemment. Un trois-pièces lumineux, un jeune couple conquis dès la première visite, une offre au prix et un compromis signé en moins de trois semaines… Six semaines plus tard, la banque refusait le dossier d’emprunt, la vente était annulée et Karine n’a pas touché un centime. Depuis cette mésaventure, elle aborde la question du financement dès le premier rendez-vous, quelque part entre une remarque sur l’exposition du salon et une autre sur le bruit de la rue. Avant même leur première visite, ses derniers clients (un couple d’enseignants) ont ainsi décidé de découvrir les taux de crédit immobilier et de faire valider leur budget par un courtier. Karine a vu la différence dès la négociation, menée sur un montant réaliste et non sur un prix rêvé.

Dès qu’un acquéreur finance son achat par un crédit immobilier, le Code de la consommation impose d’inscrire au compromis une condition suspensive d’obtention de prêt (sauf mention manuscrite par laquelle il y renonce). Le délai accordé à l’acheteur pour obtenir son financement ne peut pas être inférieur à un mois. Une fois l’offre de prêt émise, l’emprunteur doit en plus respecter un délai de réflexion de dix jours avant de l’accepter, ce qui repousse d’autant la signature définitive. En cas de refus, il récupère son dépôt de garantie, le vendeur remet son bien immobilier sur le marché et l’agent reprend ses visites à zéro, avec plusieurs semaines de travail non rémunérées derrière lui. La mise en vente d’une maison mobilise en effet des photos, des annonces, des visites et des relances, que la commission finale est censée couvrir en une seule fois.

Des critères bancaires que les agents immobiliers suivent de près

Notez que les banques appliquent des règles strictes depuis que les recommandations du Haut Conseil de stabilité financière sont devenues contraignantes, le 1er janvier 2022. Le taux d’effort d’un ménage ne doit pas dépasser 35 % de ses revenus, assurance emprunteur comprise, et la durée d’un crédit immobilier est plafonnée à 25 ans (27 ans pour un logement neuf livré avec un différé d’amortissement). De leur côté, les établissements disposent d’une marge de dérogation limitée à 20 % de leur production trimestrielle, réservée pour l’essentiel à l’achat d’une résidence principale. Pour un agent, ces quelques repères suffisent à écarter les visites de complaisance, celles où l’acheteur s’enthousiasme pour une maison que son banquier refusera de financer. Karine a d’ailleurs pris l’habitude de glisser une question sur l’apport personnel dans son premier échange téléphonique, sans jamais demander de relevé de compte.

Retenez aussi que certains agents ont fait du financement une source de revenus à part entière. Inscrits à l’ORIAS comme mandataires d’intermédiaire en opérations de banque, ils orientent leurs acquéreurs vers un courtier partenaire et perçoivent une rémunération d’apport lorsque le crédit immobilier est accordé. Sans cette immatriculation, l’agent peut évoquer le financement avec son client, mais il n’a pas le droit de percevoir une somme pour l’avoir recommandé à un établissement. Karine a entamé les démarches au printemps, convaincue qu’un acheteur bien financé représente la meilleure garantie de voir un compromis aller jusqu’au bout.

Le couple d’enseignants a reçu les clés de sa maison de ville un matin de juin, et Karine a perçu sa commission le jour même.

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