intérim chez les jeunes

Décrocher son premier emploi est toujours un challenge, que l’on sorte de l’école avec ou sans diplôme. Après une première phase de recherche et d’envois de candidatures restées sans réponse, on peut être amené à se tourner vers l’intérim. D’autant plus que le second trimestre 2014 a été marqué par une augmentation du recours à l’intérim, selon la DARES (Direction de l’Animation de la recherche, des études et des statistiques).

Les jeunes intérimaires : quelques chiffres

En 2013, lorsque l’Observatoire du Travail Temporaire analyse l’âge des intérimaires lors de leur première inscription en agence d’intérim, les chiffres sont éloquents : 64% d’entre eux ont franchi le pas à moins de 25 ans. La moyenne d’âge à l’entrée en intérim était d’ailleurs de 25 ans en 2013. Les moins de 25 ans représentaient 27% de la population des intérimaires en 2012 d’après une enquête BVA pour le Fonds d’assurance formation du travail temporaire (FAF.TT).

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Du reste, l’intérim était en 2012 une des voies privilégiées d’accès au monde du travail pour les 15-24 ans : la DARES a estimé à 41,4% des embauches la part de celles réalisées sous forme de contrats d’intérim, juste après les CDD (51,3%) et loin devant les CDI (7,3%).

L’intérim pour les jeunes : piège ou voie d’accès à l’emploi durable ?

Les données de mars 2010 de l’Observatoire des Métiers et de l’Emploi, comparées avec les données de mars 2012 de l’Observatoire du Travail Temporaire montrent qu’un an après l’entrée en intérim, seuls 42 à 43% des concernés sont encore intérimaires. Même si la part des travailleurs ayant décroché un CDD ou un CDI au bout d’un an représentent 10% de moins en 2013 qu’en 2012, il est indéniable que l’intérim n’est pas un « piège ».

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C’est d’ailleurs sous un autre angle que les principaux concernés le voient : dans le pire des cas, il s’agit d’une solution d’attente confortable. En 2012, 56% des intérimaires de moins de 25 ans envisagent de continuer à travailler en intérim.

Les métiers exercés en intérim par les jeunes

Les postes proposés aux jeunes en intérim concernent le bâtiment et les travaux publics, différents domaines industriels (principalement transformation des matériaux et second œuvre du bâtiment, agroalimentaire…), l’emballage et la manutention selon une étude de la DARES publiée en 2011.
Il est à noter cependant que même si les types de postes proposés ne sont pas toujours au goût des intérimaires et si leur orientation professionnelle peut être subie (faute de mission en adéquation avec leurs choix ou leur formation initiale), 34% des jeunes intérimaires déclarent avoir refusé des missions en 2013, selon une enquête d’Opinion Way relayée par l’Observatoire des Métiers et de l’Emploi.

L’intérim : un moyen pour améliorer son employabilité

Outre l’accès relativement simple et rapide à l’emploi que procure l’intérim, comparé avec une entrée en CDI et sa cohorte d’entretiens ou de tests, le fait de cumuler plusieurs missions peut permettre d’étoffer son CV. Pour les jeunes, cela permet également de tester différentes situations et orienter ensuite leurs choix.
D’autre part, plusieurs types de formation sont offertes dans le cadre de l’intérim :

  • CIPI : Contrat d’Insertion Professionnelle Intérimaire (alternance de missions et de formation théorique ou en entreprise)
  • CPI : Contrat de Professionnalisation Intérimaire
  • CDPI : Contrat de Développement Professionnel Intérimaire

Dans tous les cas, ces formations dispensées aux jeunes de moins de 25 ans améliorent pour 39% d’entre eux leurs conditions de travail, selon une enquête BVA pour le Fonds d’assurance formation du travail temporaire (FAF.TT).

Une nouveauté en 2014 : le CDI intérimaire

Ce nouveau type de contrat permet de couvrir les périodes dites d’intermission pour les intérimaires. Pendant ces périodes, une rémunération est prévue. A charge cependant pour l’employé en CDI intérimaire d’être joignable et à la disposition de l’agence d’intérim : le délai de prévenance pour l’enclenchement d’une mission est de l’ordre de la demi-journée. Une solution qui ravira probablement les jeunes entrés en intérim et que les situations stables telles que les CDI n’attirent pas spécialement.